C’est étonnant comment les mêmes gorgées d’un flacon coloré peuvent avoir des effets radicalement opposés :
- d’un côté, n’être concerné que par l’instant présent aussi vite oublié, la mémoire assourdie, pas de passé pas d’avenir, juste être là sans s’interroger
- de l’autre, être là dans un présent définitivement ancré dans un passé et en passe de devenir, dans un tourbillon de pensées
D’où vient la différence ? la quantité, la qualité, l’état d’esprit, la compagnie ? Je le sais maintenant, aujourd’hui.
...
" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.
Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?
Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
...
mardi 27 juillet 2010
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